L’épilation laser fonctionne-t-elle vraiment ? Est-ce douloureux ? Dangereux ? Ces questions, vous vous les posez probablement. Et pour cause : les idées reçues sur l’épilation laser sont nombreuses.
Le problème ? La plupart de ces affirmations reposent sur des rumeurs, pas sur des faits.
Heureusement, la science a tranché. Les études cliniques existent. Les dermatologues disposent de données solides pour évaluer l’efficacité réelle, les risques concrets et les contre-indications de cette technique.
Vous méritez des réponses vérifiées, sans détour. Pas de promesses exagérées. Pas de peur infondée. Juste la réalité.
Cet article démêle les mythes des faits. Vous découvrirez ce que la recherche scientifique dit vraiment : efficacité, douleur, effets secondaires et contre-indications.
Démêlons 5 idées reçues majeures sur l’efficacité et la durabilité
« Une seule séance suffit pour une épilation définitive. »
Faux.
Une seule séance élimine environ 10 à 20 % des poils. Vous en repartirez avec la majorité de votre pilosité intacte.
Pourquoi ? Parce que vos poils ne sont pas tous au même stade de croissance. En effet, le cycle pileux compte trois phases :
- la phase anagène (croissance active) : 2 à 7 ans selon la zone.
- la phase catagène (transition) : 2 à 3 semaines.
- la phase télogène (repos) : 2 à 3 mois.
Le laser ne cible efficacement que les poils en phase anagène. Les autres restent invisibles pour la technologie. Ils repoussent après cette séance, puis vous devez les traiter lors de la séance suivante, quand ils atteindront leur phase active.
En moyenne, vous devez compter entre 6 et 12, espacées de 4 à 8 semaines. La durée varie en fonction de votre type de peau (plus foncée = plus de séances) et de la couleur de vos poils (blonds/roux = plus de séances).
Par ailleurs, il faut davantage de séances pour les hommes que pour les femmes. En cause la testostérone qui stimule la repousse des poils. De ce fait, ils sont plus épais, leurs bulbes sont implantés plus profondément et la densité pilaire est plus importante.
Enfin, cela dépend de la technologie utilisée, puisqu’il faut savoir que les lasers de toute dernière génération réduisent le nombre de séances.
« L’épilation laser ne fonctionne que sur les poils noirs. »
Partiellement vrai, mais incomplet.
Le laser traditionnel (Nd:YAG, alexandrite) cible la mélanine, le pigment qui donne la couleur aux poils. Plus le poil est foncé, plus il contient de mélanine, plus l’absorption d’énergie est efficace. Les poils noirs donnent des résultats optimaux, contrairement aux poils blonds, roux ou blancs.
Toutefois, la technologie évolue. Les nouveaux lasers diode haute puissance et les systèmes à longueurs d’onde variables (comme l’Alexandrite 755nm) fonctionnent mieux sur les poils clairs. Ce n’est pas encore parfait, mais les résultats tendent à nettement s’améliorer.
Donc si vous avez des poils blonds ou roux, vous avez deux options :
- Accepter une efficacité réduite (50 à 60 % au lieu de 80 à 90 %).
- Opter pour l’électrolyse, plus lent, mais fonctionne sur tous les poils.
« Les poils repoussent après quelques mois. »
Faux.
C’est une confusion fréquente entre « repousse » et « résultats qui s’estompent ».
Après une série complète de séances, vous obtenez une réduction permanente de 80 à 90 % des poils traités. Ceux-là ne reviennent pas.
Après un à deux ans, il est possible de voir apparaître quelques poils fins et clairs repousser progressivement. Pourquoi ? Parce que certains follicules pileux dormants se réveillent naturellement. Cela est dû au cycle hormonal, à l’âge, aux variations génétiques.
Vous ne vous retrouvez pas avec votre pilosité initiale. Loin de là. D’où la nécessité d’une ou deux séances d’entretien par an pour maintenir le résultat, pas un traitement complet.
Les études de suivi à long terme montrent que 80 % de la réduction persiste après cinq ans.
« C’est juste une mode, ça n’a pas d’effet long terme. »
Complètement faux.
L’épilation laser n’est pas une tendance passagère.
Cette technologie existe depuis plus de vingt-cinq ans (approuvée par la FDA en 1997). Elle n’est ni nouvelle ni expérimentale. Elle est éprouvée, documentée et utilisée massivement en dermatologie clinique.
Si c’était une mode sans résultats, les dermatologues l’auraient abandonnée depuis longtemps. Au lieu de ça, les technologies se perfectionnent chaque année.
« Ça fonctionne mieux en été. »
Faux, c’est le contraire.
En été, vous êtes bronzée. Votre peau contient plus de mélanine. Le laser ne fait pas la distinction entre la mélanine de votre peau et celle de vos poils. Résultat ? Les risques de brûlures cutanées augmentent, tout comme ceux d’hyperpigmentation.
Le meilleur moment pour l’épilation laser est l’hiver. Votre peau est pâle, le contraste entre peau et poil est maximal, l’efficacité est optimale et les risques de complications diminuent.
Recommandations pratiques :
- Évitez l’exposition au soleil 4 semaines avant et 2 semaines après chaque séance ;
- Utilisez un écran solaire SPF 50+ si vous devez vous exposer ;
- Pas de solarium, pas d’autobronzant avant le traitement.
Douleur et inconfort : ce que vous ressentirez vraiment
« C’est aussi douloureux que de se faire tatouer. »
Faux.
C’est beaucoup moins douloureux qu’un tatouage. La douleur du laser est souvent décrite comme une sensation de picotement ou de claquement d’élastique. Cela peut être désagréable, mais pas insupportable.
L’intensité dépend de la zone traitée (le bikini et les aisselles sont plus sensibles que les jambes), de votre seuil de tolérance à la douleur, de la puissance du laser (plus il est puissant, plus il est efficace, mais aussi plus inconfortable), ainsi que de votre type de peau (les peaux foncées nécessitent des énergies plus basses, donc moins de douleur).
Les dermatologues proposent l’application d’une crème anesthésiante 30 minutes avant la séance, et la plupart des machines sont désormais équipées d’un système de refroidissement qui diminue la douleur.
La réalité clinique ? Environ 70 % des patients trouvent le traitement « tolérable » sans anesthésie.
« On ne peut pas traiter les zones sensibles. »
Faux.
On peut traiter toutes les zones du corps, y compris les plus sensibles. Le vrai problème n’est pas l’impossibilité de traiter, c’est l’adaptation technique pour limiter l’inconfort. Les dermatologues peuvent être amenés à réduire la puissance du laser pour diminuer la douleur et les risques d’irritation, ce qui engendrera une ou deux séances supplémentaires pour obtenir le même résultat.
Pour le visage, il existe une contrainte supplémentaire : certains lasers ne sont pas approuvés pour cette zone à cause de la proximité des yeux. Votre médecin utilisera alors un laser adapté, généralement un Nd:YAG ou une diode avec des paramètres de sécurité renforcés.
Par ailleurs, il existe des solutions pour limiter la douleur : une crème anesthésiante appliquée 30 minutes, le refroidissement de la peau pendant le tir laser aide, voire la prise d’un antidouleur avant la séance.
« Les séances suivantes font moins mal. »
Faux.
La douleur reste généralement la même d’une séance à l’autre. Ce qui change, c’est la densité de poils. À chaque séance, vous en avez moins. Donc techniquement, le laser tire sur moins de cibles, ce qui peut donner l’impression que ça fait moins mal. Mais si on compare à densité égale, l’inconfort est similaire.
Certains patients affirment mieux tolérer les séances suivantes. À vrai dire, elles ne sont pas moins douloureuses, c’est juste qu’ils y sont psychologiquement mieux préparés.
Conclusion : ne vous attendez pas à ce que la deuxième séance soit miraculeusement indolore. Préparez-vous à chaque fois comme la première.
Risques et effets secondaires : la vérité sans dramatisation
« L’épilation laser provoque des brûlures graves. »
Faux.
Si des brûlures graves surviennent, c’est uniquement en cas de mauvaise pratique : appareil mal réglé, absence de refroidissement ou praticien non formé.
La plupart du temps, vous aurez au maximum des rougeurs temporaires ou de petites croûtes superficielles qui guérissent rapidement. Pour minimiser tout risque, choisissez un centre sérieux, vérifiez la formation du médecin et suivez les consignes post‑soins. Si vous constatez une douleur vive, une cloison ou une zone qui noircit après la séance, consultez immédiatement. Ce sont des signes qu’il faut prendre en charge rapidement.
« Je risque d’avoir des cicatrices permanentes. »
Faux.
Les cicatrices permanentes surviennent dans moins de 0,05 % des cas. Elles apparaissent généralement après une brûlure grave non traitée, une infection post‑traitement, en présence d’une prédisposition génétique aux cicatrices chéloïdes ou si le laser a été appliqué sur une peau déjà lésée ou infectée.
Ce qui peut toutefois survenir et s’améliorer avec le temps inclut de légères marques rouges (disparaissant en 1 à 3 mois), une hyperpigmentation qui s’atténue généralement en 3 à 6 mois, et de très rares dépressions superficielles qui deviennent imperceptibles après la guérison.
« L’épilation laser augmente le risque de cancer de la peau. »
Archifaux.
Les lasers utilisés pour l’épilation ciblent la mélanine du poil et chauffent le follicule pileux ; ils n’émettent pas de rayonnement ionisant (comme les rayons X) capable d’endommager l’ADN de manière carcinogène.
Les études cliniques et les revues scientifiques n’ont pas mis en évidence d’augmentation du risque de cancer cutané liée aux séances d’épilation laser correctement réalisées.
Des précautions restent toutefois nécessaires :
- Utiliser des appareils homologués et des paramètres adaptés au phototype de la peau.
- Éviter tout traitement sur une lésion cutanée suspecte : une consultation dermatologique préalable est recommandée si une tache ou un grain de beauté est inhabituel.
- Respecter les consignes post‑soins (protection solaire, évitez l’exposition excessive au soleil) pour prévenir des altérations pigmentaires.
Si vous observez l’apparition, la modification d’une tache ou d’un grain de beauté après un traitement, consultez rapidement un dermatologue.
« L’épilation laser peut me rendre stérile. »
Faux.
Il n’existe aucune preuve scientifique que l’épilation laser provoque l’infertilité. Il s’agit d’une rumeur urbaine. Les lasers ciblent les follicules pileux superficiels (environ 3 à 4 millimètres) et n’atteignent pas les organes reproducteurs qui sont situés à plusieurs centimètres de profondeur (ovaires, utérus, testicules…). Ils n’émettent pas non plus de rayonnement ionisant. Si vous avez des préoccupations spécifiques, parlez‑en à votre médecin.
« Des effets secondaires apparaissent des années après. »
Faux.
Contrairement aux rayons UV qui causent des dommages cumulatifs sur des années, les lasers d’épilation ne créent pas d’effets retardés ou d’accumulation toxique.
Les études de suivi à long terme à cinq, dix, voire quinze ans, ne montrent aucun effet secondaire tardif chez les patients traités. Les effets secondaires du laser sont immédiats ou à court terme.
Les seuls effets secondaires que l’on peut observer surviennent après la séance (rougeurs et légère sensation de chaleur). Le lendemain, les rougeurs peuvent persister et il est possible de ressentir quelques démangeaisons légères. Au-delà de 2 semaines, il n’y a généralement plus aucun effet secondaire.
Contre-indications et populations à risque
« Tout le monde peut se faire épiler au laser. »
Faux.
Il existe des contre‑indications réelles, mais elles concernent une minorité. Certaines sont absolues (grossesse, allaitement par précaution, lésions cutanées suspectes ou antécédents de cancer de la peau, porphyrie cutanée tarda) et empêchent le traitement. D’autres sont relatives et nécessitent des adaptations, comme la peau très foncée ou bronzée, les cicatrices chéloïdes, un herpès récurrent ou traitements photosensibilisants. Dans ces cas, un bilan préalable et un réglage spécifique du laser permettent souvent de traiter en toute sécurité. En consultation, le praticien évaluera si le laser est indiqué et comment l’adapter.
« Les peaux foncées ne peuvent pas se faire épiler au laser. »
Faux.
Les peaux foncées peuvent tout à fait être traitées, mais nécessitent un choix de laser et un réglage adaptés. Les appareils comme le Nd:YAG 1064 nm (le plus sûr), certaines diodes avec refroidissement efficace ou des Alexandrite correctement équipées réduisent le risque de brûlure et donnent de bons résultats ; en revanche, les lasers fortement absorbés par la mélanine (ex. rubis 694 nm) sont à éviter. Le problème vient souvent de centres mal informés qui utilisent des appareils inadaptés, pas du principe de l’épilation laser lui‑même. Consultez un praticien expérimenté ou un dermatologue équipé d’un Nd:YAG pour un bilan personnalisé.
« Les personnes avec tatouages ne peuvent pas avoir recours au laser. »
Partiellement vrai.
Les tatouages compliquent la procédure parce que le laser peut être fortement absorbé par les pigments, ce qui risque d’endommager le tatouage, provoquer des brûlures ou des modifications pigmentaires. Cela dit, ce n’est pas automatiquement impossible : on peut souvent traiter la zone en évitant le tatouage, en adaptant la puissance et le type de laser, ou en procédant à un bilan préalable. Il est important de signaler tout tatouage au praticien ; ensemble vous déterminerez la meilleure option (traiter autour, réduire l’énergie sur la zone tatouée, attendre la cicatrisation d’un tatouage récent, ou choisir une alternative). Consultez un dermatologue ou un praticien expérimenté pour un plan personnalisé.
©Roxane Guidez Studio pour CLEM de Vannes
Résultats et attentes : ce que vous obtiendrez vraiment
« L’épilation laser est définitive. »
Partiellement vrai — c’est plus nuancé.
L’épilation laser offre une réduction permanente importante de la pilosité, mais ne garantit pas la destruction à 100 % des follicules. Après 6 à 12 séances, on obtient généralement 80 à 90 % de réduction : les poils restants repoussent plus fins, plus clairs et plus lentement. Certains follicules en phase dormante au moment du traitement peuvent se réveiller et des facteurs hormonaux (SOPK, ménopause, changements hormonaux) peuvent provoquer une repousse.
L’électrolyse reste la seule méthode réellement définitive follicule par follicule, mais elle est plus longue et souvent plus douloureuse. En pratique, l’expression « épilation définitive » est donc un abus de langage : préférez « réduction durable ».
« Je peux me raser entre deux séances. »
Vrai, et c’est même recommandé.
Le rasage est autorisé à tout moment, car il coupe le poil en surface sans enlever la racine, laissant ainsi la cible du laser intacte. Les crèmes dépilatoires sont également acceptables entre les séances.
En revanche, il faut éviter la cire et l’épilateur électrique au moins deux semaines avant une séance, car ces méthodes arrachent le poil à la racine et privent le laser de sa cible.
Pour optimiser la séance, rasez-vous environ 24 heures avant le rendez‑vous et présentez une peau propre et sèche sans maquillage, crème solaire, ni déodorant le jour du traitement.
« Les résultats sont identiques pour tout le monde. »
Faux.
Les résultats varient fortement selon des facteurs individuels. La génétique et l’hormonal jouent un rôle majeur — certaines personnes répondent mieux au laser, les troubles hormonaux comme le SOPK demandent un entretien régulier, et les hommes obtiennent souvent de meilleurs résultats grâce à une influence hormonale moindre. Le type de poil et de peau influence aussi significativement : des poils noirs épais sur une peau claire donnent de meilleurs résultats (95 % de réduction), tandis que des poils clairs ou roux répondent moins bien (60 à 70 %). Les peaux foncées nécessitent plus de séances.
L’adhérence au protocole, comme le respect des intervalles entre séances, la protection solaire, le suivi des recommandations, conditionne fortement l’efficacité. En pratique, environ 70 à 80 % des patients obtiennent une réduction très importante de leur pilosité (90 %), 15 à 20 % une bonne réduction (70 à 80 %) et 5 à 10 % une réduction modérée (50 à 70 %).
« Je peux m’exposer au soleil immédiatement après une séance d’épilation au laser. »
Faux.
Évitez le soleil, surtout la première semaine et limitez fortement l’exposition pendant au moins deux semaines, car après le traitement, la peau est sensibilisée et l’exposition peut entraîner une hyperpigmentation permanente, réduire l’efficacité du traitement et aggraver l’irritation. Après la première semaine, protégez-vous systématiquement avec un écran SPF 50+ (à renouveler toutes les deux heures), privilégiez les vêtements couvrants et restez à l’intérieur autant que possible. Évitez la plage, le sauna, le hammam et la piscine chlorée dans les deux semaines suivant la séance, et n’appliquez pas d’autobronzant. Il est également recommandé d’éviter le bronzage quatre semaines avant la séance et l’autobronzant une semaine avant pour optimiser les résultats et minimiser les risques.
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